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Folk Songs

Le mouvement Folk, qui « habite » les années 1960, s’inscrit dans la tradition musicale de l’Amérique des origines : mélodies populaires, de tradition orale, sur des thèmes simples, touchant à la vie quotidienne des gens, à la construction du pays, la nature, l’attachement à la terre, avec un esprit pacifiste…

Ses pères : Woodie Guthrie « This Land Is Your Land » - 1940, et Pete Seeger « If I Had A Hammer » - 1949.
Au début des années 1960s, une nouvelle thématique s’introduit : la « protestation » contre les injustices de la société américaine, la dénonciation des inégalités raciales et sociales, et le Folk Song devient alors l’expression d’un mouvement militant pour les droits de l’homme, la paix et la justice sociale.
Le Protest Song est né : Blowing in The Wind de Bob Dylan - 1963, hymne en faveur des Civil Rights. Ses chantres : Dylan, Seeger, Joan Baez.
Après les Beatniks de Jack Kerouac, qui ont inspiré la renaissance de la Folk Music, les Hippies à leur tour se retrouveront dans ses thèmes et ses rythmes.



Blowing in the Wind
Chanson de Bob Dylan, écrite en 1962 (Dylan a 21 ans), parue en 1963
«Protest Song» par excellence, devenu l’hymne de toute une génération, ce chant a accompagné les grandes « demonstrations » des années ‘60s - des « années Martin Luther King » -, les marches des mouvements pour l’égalité des droits civiques.
Il a été traduit dans de nombreuses langues et repris par beaucoup d’artistes.
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Colours
Chanté par Donovan, chanteur folk écossais.
Certains avancent que Donovan est l’auteur-compositeur de cette jolie chanson, ode à la nature et à la liberté, d’autres l’attribuent à Peter Schickele pour la musique, et Evgeny Yevtushenko pour les paroles.
La chanson est parue en Single en 1965 au Royaume-Uni.
Lors du Festival de Folk de Newport 1965, Donovan l’interprète en duo avec Joan Baez, qui la reprendra à son compte dans ses récitals (Joan Baez a travaillé avec Peter Schickele pour ses arrangements).
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Kisses Sweeter Than Wine
Ecrit par les Weavers en 1950, enregistré par eux-mêmes en 1951, puis par Jimmie Rodgers en 1957, qui le place en n° 3 du hit-parade US. Peter, Paul & Mary le reprennent et l’incluent dans leur album «The Peter, Paul and Mary Album» in 1966.
Charmante chanson qui évoque les étapes de la vie d’un fermier : il se marie, le couple a 4 enfants, travaille dur pour emplir les silos de maïs et de blé, ils élèvent leurs kids, lesquels grandissent, se marient à leur tour, ont des enfants, et le couple devient « grands-parents ».
A la fin de la chanson, ils se retournent sur leur passé : « Nous sommes vieux maintenant, et prêts à partir ; nous avons connu des épreuves et des chagrins, mais si c’était à refaire, Oh, Seigneur !, on recommencerait ».
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Cruel War
Reprise par Peter Yarrow et Paul Stookey d’un chant traditionnel, pour Peter, Paul & Mary en 1962.
Les origines de ce chant sont incertaines.
Il est généralement considéré comme un chant datant de la Guerre de Sécession (Civil War), mais il est fort probable qu’il remonte à la Guerre d’Indépendance (American Revolution).
Il évoque une jeune femme qui veut partir à la guerre avec son bien-aimé, pour ne pas être séparée de lui. Il refuse. Elle envisage de se déguiser en homme pour pouvoir l’accompagner sans être reconnue. Il refuse encore. A bout d’arguments, elle lui redit son amour au-dessus de tout.
Désarmé, il accepte : « Yes, my love, yes ! ».
Les cas sont nombreux de jeunes femmes qui se sont fait passer pour des soldats, afin de suivre leur mari, ou par devoir patriotique, comme Sarah Emma Edmonds du Michigan, pendant la Guerre de Sécession.
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Where Have All the Flowers Gone
De Pete Seeger, pour l’album The Bitter and the Sweet 1962.
Cette ballade, apparemment légère, illustre et dénonce en quelques phrases simples, sous forme de questions-réponses, les dégâts, sans cesse renouvelés, causés par la guerre. Pete Seeger dit s’être inspiré d’un passage du roman de Mikhail Sholokhov « Le Don paisible », publié en 1934, pour l’écrire.
C’est un chant « cyclique », qui peut se chanter en boucle, sans fin, comme les générations qui se succèdent :  
« Où sont passées les fleurs ? les jeunes filles les ont cueillies / Où sont parties les jeunes filles ? elles sont allées chercher des maris / Où sont allés les maris ?  ils sont partis soldats (à la guerre) / Où sont passés les soldats ? ils sont allés dans les cimetières / Où sont passés les cimetières ? ils sont sous les fleurs / Où sont passées les fleurs ? les jeunes filles les ont cueillies / etc………. »
Le groupe folk Peter, Paul And Mary a mis ce chant à leur programme dès 1962, Pete Seeger l’a chanté aussi, bien sûr, et beaucoup d’autres artistes, dont Marlène Dietrich, Joan Baez, Harry Belafonte ; il a été chanté en anglais, en allemand, en français, en croate, en tchèque, en polonais, en russe, en écossais…. Cette dénonciation de la guerre, douce et non-agressive, est devenue universelle.
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Autumn to May
De Paul Stookey & Peter Yarrow, pour Peter, Paul & Mary, 1962.
Surenchère d’exploits imaginés :
- « Moi, j’avais un chien qui savait siffler, et chanter, et danser. Sur son dos, je pouvais faire le tour du monde en une demi-journée.
- Et moi, j’avais une grenouille, qui dansait comme Fred Astaire, et qui racontait ses aventures quand elle faisait le tour du monde, embarquée dans une chaussure.
- Et moi, j’avais  des moutons que je gardais dans une boîte à musique, sauf quand il faisait beau : alors ils s’envolaient pour me rapporter des bijoux et plein de bonbons.
- Et moi, j’ai un cygne, qui s’est transformé en escargot, qui s’est changé en oiseau, et puis en papillon !…Et celui qui veut raconter une histoire encore plus formidable, sera obligé de mentir ! »

Day is Done
De Peter Yarrow, pour Peter, Paul & Mary, 1969
« Dis-moi pourquoi tu pleures, mon fils… Tu es effrayé, tu crains le bruit du tonnerre qui gronde au loin. Tu hériteras d’un monde plein de tristesse, le monde que nous avons fait. Tu me demanderas pourquoi c’est ainsi… et je ne sais pas… Mais si tu prends ma main, mon fils, tout ira bien jusqu’à la fin du jour. Et voilà que tu souris, mon fils… Tu es plus clairvoyant que les hommes qui sont « sages », parce que toi, tu vois avec les yeux du cœur, ce que nous essayons de dissimuler… » .

In the Early Morning Rain
De Gordon Lightfoot - auteur-compositeur et chanteur canadien -, composé en 1964, enregistré en 1966.
Dit la solitude, dans la pluie du petit matin, d’un homme observant le décollage d’un puissant jet Boeing 707, qui va voler au-dessus de chez lui, et à bord duquel il n’a pas pu monter, faute d’argent. Sa réflexion est la même que celle des hobos du temps passé, qui regardaient avec nostalgie passer les trains de marchandises, à bord desquels ils espéraient pouvoir monter en fraude pour se rapprocher de chez eux.

Donna, Donna
Ou encore « Dos Kelbl » (le veau )
A l’origine, chant traditionnel yiddish. Paroles de Aaron Zeitlin, Musique de Sholem Secunda. Ecrit en 1940-1941 pour la pièce Esterk. Traduit dans plusieurs langues, dont plusieurs versions en anglais. Celle-ci est la traduction la plus fidèle aux paroles en yiddish.
Il s’agit d’un veau ligoté, conduit à l’abattoir par un fermier. Il pleure sur son sort. Au-dessus de lui, vole une hirondelle libre et rapide. Les vents se moquent de lui en riant. « Arrête de te plaindre ! » dit le fermier  « Qui t’a dit d’être un veau ? Pourquoi n’as-tu pas d’ailes pour voler, libre et fier comme l’hirondelle ? ».
Et les vents de rire…
Moralité : les veaux sont des proies faciles à attacher et à massacrer, sans en connaître la raison. Mais celui qui aime la liberté, comme l’hirondelle, doit apprendre à voler. [en yiddish : Qui a des ailes vole vers le ciel, et n'est pas le valet de personne.]
Sorte de message aux peuples opprimés par des dictatures, appelés à organiser leur résistance, se rebeller et à gagner leur liberté.
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Suzanne
Chanson écrite par Léonard Cohen, en 1967.
Enregistrée par lui-même, ainsi que par Judy Collins, en 1967.
C’est le portrait d’une femme étrange et généreuse, qui vit près du fleuve. Il pourrait s’agir de Suzanne Verdal, la femme du sculpteur Armand Vaillancourt, à Montréal.
Reprise par de nombreux artistes, dont Nina Simone, Harry Belafonte, Joan Baez.
Une merveille de poésie.



500 Miles
De Hedy West & C. Williams en 1961. Repris en français par Richard Antony en 1962, sous le titre « Et j’entends siffler le train ».
Loin des siens, un homme évoque la distance en miles qui le sépare de chez lui ; il n’a plus d’argent, plus de dignité, et ne peut envisager de rentrer ainsi.  

Freight Train
Ecrit par Elizabeth Cotten au début du 20ème siècle.
Elle a confié plus tard que ce chant lui avait été inspiré par le bruit des trains roulant sur les voies ferrées près de chez elle, en Caroline du Nord.
Devenu populaire dans les années 1950-1960, au moment de la renaissance de la Folk Music, il évoque les trains de marchandises, à bord desquels les hobos, les saisonniers, les ouvriers agricoles tentaient de monter pour se rapprocher de chez eux.

Portland Town
Ecrit par Derroll Adams en 1957, enregistré en 1967, ce chant présente, avec des mots simples sur une mélodie répétitive et dépouillée, le résumé d’une vie : « Je suis né à Portland Town, je me suis marié à Portland Town, j’ai eu trois enfants à Portland Town, on les a envoyés à la guerre, on les a tués, je n’ai plus de gamins maintenant… je suis né à Portland Town ».
Enregistré par Joan Baez en 1963.



Bamboo
De Dave Van Ronk 1961. Interprété par Peter, Paul & Mary dans leur premier album en 1962.
« Au bord de la rivière… On dépose une tige de bambou sur l’eau, le courant l’entraîne, l’emporte au loin… Il voyage… Ma maison est de l’autre côté de la rivière, de l’autre côté de l’eau ».



California Dreaming
Composé par John et Michelle Phillips en 1963 pour  « The Mamas & The Papas », enregistré en 1965, ce chant exprime la nostalgie de la Californie de quelqu’un qui se trouve sur la Côte Est, …peut-être à New York, dans le froid de l’hiver.
Un des tubes de l’époque des Hippies.

Leaving on a Jet Plane
De John Denver, écrit en 1966, enregistré par lui-même, puis par Peter, Paul & Mary en 1967, qui en firent un immense succès.

Puff, the Magic Dragon
« Cette chanson, un des piliers historiques du répertoire de S&C, a été co-écrite par un étudiant de 19 ans, Leonard Lipton, et un certain Peter Yarrow, vers 1959. En 1961, Peter Yarrow forme avec Paul Stookey et Mary Travers le groupe mythique Peter, Paul and Mary.
Plusieurs années après la sortie et le succès mondial de cette chanson, une polémique fut soulevée sur la signification cachée de cette chanson : certains voulaient y voir une référence, voire une apologie de la marijuana, arguant d‘indices comme « Paper », le nom du compagnon de Puff, qui serait une allusion au papier à rouler utilisé par les fumeurs, « dragon », qui pourrait être interprété comme « draggin’ », qui signifie tirer sur un joint, et même « puff », qui désigne une « taffe » qu’on inhale d’un pétard…
Ces allégations, il faut le dire, provenaient des mêmes qui avaient lancé une vindicte contre les Beatles et leur « Lucy in the Sky with Diamonds » (in « Sergeant Pepper’s », 1967) dont les initiales auraient désigné (et encouragé) le LSD et sa consommation.
Bien sûr, les auteurs ont réfuté à de multiples reprises cette interprétation tendancieuse et stupide de leurs paroles (de même que John Lennon à propos de « Lucy »).
A signaler que cette « légende urbaine » est évoquée de façon burlesque dans le film « Meet the Parents » (« Mon Beau-Père et Moi », 2000), où un ex-agent de la CIA, Robert de Niro, fait passer un vrai interrogatoire à son futur gendre, Ben Stiller.
Puff the Magic Dragon a été interprété, entre autres, par Bing Crosby, Dolly Parton (une des reines de la Country Music), Trini Lopez, et plus étonnant, par Marlène Dietrich (Paff, Der Zauberdrachen). »
Bernard Frilet

What Have They Done to the Rain ?
Cette chanson de Malvina Reynolds, composée 1962, dénonce les effets néfastes des essais nucléaires et des « pluies acides » qui leur étaient attribuées.
Elle s’inscrit dans le cadre d’une campagne réclamant la fin de ces essais, qui détruisent la terre de façon insidieuse.
Sur un air léger de comptine pour enfants, les paroles évoquent en demi-teintes les méfaits de ces pluies sur la nature : l’herbe disparaît, la brise venant du ciel transporte une fumée (mortelle),  l’enfant disparaît lui aussi, tandis que la pluie continue de tomber comme des larmes impuissantes.
Joan Baez l’a interprétée et enregistrée dès 1962, dans son album « Joan Baez in Concert ».
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We Shall Overcome
Ce chant est un « Protest Song », sans doute tiré d’un vieux Spiritual de Charles Albert Tindley (1851-1933), intitulé « I'll Overcome Someday », publié en 1901.
Ce nouvel arrangement, publié en 1947 sous le titre « We Will Overcome », dû à Z. Horton, F. Hamilton, G. Carawan et Pete Seeger, est devenu l’Hymne des marches du Mouvement des droits civiques aux États-Unis, dans les années 1960s.
Aujourd’hui encore, il reste l’hymne de beaucoup de mouvements de libération dans le monde.
De nombreux artistes l’ont enregistré et mis à leur répertoire, comme Pete Seeger, Joan Baez, Frank Hamilton, Joe Glazer, Bruce Springsteen, Peter, Paul and Mary…. et bien d’autres plus récemment.

Hush A-Bye
Berceuse (Lullaby), ou comptine (Nursery Rhyme), également connue sous le titre “All The Pretty Little Horses”.
De nombreuses variantes existent, promettant au bébé toutes sortes de douceurs, s’il s’endort.
Ici, ce sont de jolis chevaux qu’il trouvera à son réveil.  
Chanté par Peter, Paul & Mary dans les années 1960s.

The Partisan
De Leonard Cohen, paru en 1969, aussi appelé « The song of the French Partisan ».
C’est une adaptation en anglais de « La complainte du partisan » écrite à Londres en 1943, par Emmanuel d’Astier de la Vigerie, sur une musique d’Anna Marly, qui en fut la première interprète.
Le chant français est devenu très populaire dans les années 1950s.
Leonard Cohen l’a fait revivre, avec sa version très fidèle aux paroles françaises.

Textes écrits par Anne-Marie Gueldry