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Petite introduction aux Negro Spirituals et aux Gospels- songs

Petite introduction aux Negro Spirituals et aux Gospels- songs

Negro Spirituals et Gospel Songs

En arrivant sur le sol du continent nord-américain, les esclaves Noirs amenés d’Afrique de l’Ouest, apportaient avec eux leurs traditions culturelles et musicales, leurs croyances et leurs rythmes.

Ils avaient l’habitude d’accompagner leurs travaux des champs de sortes de mélopées très rythmées, qui scandaient et marquaient les temps forts des gestes à accomplir « ensemble ». Ceci a engendré les « work-songs », chants collectifs et souvent improvisés, au cours desquels un soliste lance spontanément une phrase musicale, reprise par tous à l’unisson, puis en polyphonie.

Certains « Spirituals » sont nés de ces chants, et présentent les mêmes caractéristiques (Soon A-Will Be Done).

L’enseignement de la Bible par les pasteurs sur les plantations fait découvrir aux esclaves un thème qui leur parle immédiatement : celui de la libération. Libération voulue par Dieu, de son peuple retenu en esclavage au pays d’Egypte. La volonté de Dieu est que tous ses enfants soient libres, tous les hommes, tous les humains créés à son image.

Les esclaves ne peuvent réclamer cette liberté ouvertement. Mais, sous couvert de proclamer et de chanter les textes de la Bible, ils peuvent évoquer leur aspiration, comme une revendication, sans encourir de sanctions ni de punitions, puisque c’est le message biblique qu’ils expriment.

Ils reprennent à leur compte l’histoire de Moïse, que Dieu envoie vers Pharaon, pour lui demander de libérer son peuple et de le laisser sortir du pays d’Egypte, pour aller vers un destin librement choisi, vers la Terre Promise (Go Down, Moses).

Leur « église », souvent une pauvre maison en bois baptisée « church », est le seul lieu sur la plantation où ils peuvent s’exprimer sans trop de contrôle.

Ils y chantent ces thèmes : ainsi sont nés les Negro Spirituals, chants religieux et communautaires, qui reflètent leurs aspirations profondes et collectives. Plus tard, ces chants vont prendre de l’ampleur au cours de « meetings », grands rassemblements sur un ou plusieurs jours, dans un lieu retiré, souvent dans les bois, avec la participation d’un « preacher ».

Pour les esclaves, la vie ici-bas n’est qu’une longue épreuve faite de souffrances qui mènent au désespoir. Aucune liberté, aucun avenir, seulement le labeur, la douleur physique et morale, la séparation.

La Bible vient apporter une lueur d’espoir dans cet univers de ténèbres.

Dans ces chants, « Home » ( = la Maison, « chez moi », « chez nous ») représente le lieu de Vie après la mort, là où m’attendent les miens, ceux qui sont partis avant moi vers l’au-delà, vers la Maison (du Père) et qui m’y attendent. Là où il n’y a plus de riches ni de pauvres, de maîtres ni d’esclaves, et où tous sont égaux (Soon A-Will Be Done, Heaven, Isn’t That Good News).

Pour parvenir à ce « Home », cet au-delà, il faut traverser le Jourdain, souvent évoqué et prononcé dans les Negro Spirituals. C’est le fleuve qui sépare ce monde-ci fait de souffrances, de l’autre monde promis par la Bible, où tout sera félicité (Swing Low, Sweet Chariot).

Les Negro Spirituals sont devenus un langage universel, dans lequel se retrouvent tous les humains. En exprimant si bien leur désarroi devant le mal et leur espérance d’une vie meilleure, les esclaves Noirs ont légué au monde un patrimoine musical incomparable et intemporel. L’humanité toute entière se reconnaît dans ces chants qui expriment, avec des mots simples, les souffrances et les aspirations de tous les hommes, sur tous les continents et sous toutes les latitudes.


Anne-Marie Gueldry

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